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Art Déco

Les prémices de l'Art Déco
Pendant la Première Guerre mondiale, Louis Majorelle se réfugie à Paris où il s'adonne à la peinture. Dès la fin du conflit, l'activité de l'entreprise reprend avec le Xe Salon organisé en 1919 par la Société des Artistes Décorateurs. Majorelle y présente des objets aux lignes simples et aux formes étroitement liées à leur fonction. Assemblant richement des bois précieux mais sans ornementation, les meubles sont désormais sobres. Louis Majorelle reste toutefois fidèle aux valeurs fondatrices de l'Art nouveau : une production soignée pour tous et l'utilisation du motif naturaliste.
L'Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes, qui a lieu à Paris en 1925, donne son nom à ce nouveau style. Les décorateurs se divisent en deux tendances. Les rationalistes, envisageant l'organisation d'espaces à aménager et concevant un mobilier destiné à la production en série, et ceux restant attachés à la belle ébénisterie comme Majorelle qui, soucieux de qualité, travaille les matériaux rares, perpétuant ainsi la tradition de l'ébénisterie française.
De plus en plus malade, Louis Majorelle s'éteint en 1926. Toujours au fait des tendances, il a transmis ce goût à ses collaborateurs. Alfred Lévy (1872-1955), ancien élève des Beaux-arts de Nancy et peintre de formation, prend alors sa suite.

Alfred Lévy et la continuité
Alfred Lévy est embauché comme décorateur aux ateliers Majorelle en 1888. En 1926, promu directeur technique et artistique, il exerce une influence importante dans l'entreprise aux côtés de deux autres créateurs, Pierre Majorelle, fils de Jules Majorelle, et Paul Beucher, ancien assistant du décorateur parisien Emile-Jacques Ruhlmann. Lévy participe au renouvellement de l'inspiration de l'entreprise avec l'élaboration du style Art Déco. D'ailleurs, il est primé à de multiples reprises pour son travail de décorateur. Sous son impulsion, le verre et le cristal gravés et décorés par des artistes de renom, tels Etienne Cournault, viennent remplacer les décors marquetés.
Dans les années 1930, le commerce reste florissant et s'adresse à une clientèle privilégiée. L'atelier produit nombre de meubles de salon estampillés « Majorelle Nancy ». La manufacture élargit alors son champ de création à l'agencement d'espaces pour des entreprises ou des collectivités (les Mines de fer de Lens, les Aciéries de Longwy, des préfectures ou des hôtels de ville...), tout en continuant à travailler pour les particuliers. Plusieurs chantiers honorés par l'entreprise sont célèbres : le mobilier des chambres d'étudiants de l'Université de Nancy, la gare de Mulhouse, les galeries Lafayette à Paris et le paquebot Normandie. Cette dernière commande est sans doute la plus prestigieuse et confirme la renommée de la manufacture Majorelle à cette époque. Les ateliers conçoivent l'aménagement de 48 cabines de première classe ainsi que l'appartement du commandant.
L'entreprise ne devient pas pour autant emblématique du mouvement Art Déco comme elle l'était de l'Art nouveau. La concurrence est importante et les productions Majorelle restent « sages » en regard de celles d'autres décorateurs.
Alfred Lévy prend sa retraite en 1938. La Seconde Guerre mondiale bouleverse le fonctionnement des ateliers. L'activité ne reprendra qu'à la fin du conflit. La grande époque d'innovation et de création est révolue. En 1956, les ateliers et magasins ferment définitivement.