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collaborations

Un état d'esprit
Au principe de l'Ecole de Nancy se trouve celui de « l'unité des arts » qui implique un décloisonnement entre les disciplines et les pratiques des artistes. Ceux-ci partagent en effet leurs savoir-faire et leurs préoccupations dans le but de donner corps au mouvement et à ses objectifs. Ils multiplient les collaborations tout au long de leurs carrières respectives, au gré de leurs pratiques et de leurs amitiés. De nombreux ensembles décoratifs sont issus de ces partenariats.
Louis Majorelle compte à son actif plusieurs coopérations avec différents artistes nancéiens ou parisiens : Victor Prouvé, qui réalise pour lui le décor du piano La Mort du cygne, Antonin Daum, Jacques Gruber, les céramistes Keller et Guérin ou encore Henri Sauvage, jeune architecte qu'il sollicite pour la construction de sa villa.

Daum et Majorelle
La collaboration avec la manufacture Daum est sans doute la plus importante dans la carrière de Louis Majorelle. Des années 1890 aux années 1920, les deux entreprises vont partager les lieux d'exposition, l'élaboration et la création d'objets d'art, les services et talents de l'artiste décorateur Jacques Gruber. La relation entre les deux manufactures est d'autant plus étroite qu'elle dépasse le strict cadre commercial et que leurs directeurs artistiques respectifs, Louis Majorelle et Antonin Daum, sont liés par une solide amitié.
Les premières manifestations de ce partenariat ont lieu en 1894 lors de l'Exposition d'Art Décoratif et Industriel de Nancy : Louis Majorelle conçoit des vitrines et des tables pour exposer les pièces de la manufacture verrière. Par la suite, lors de nombreuses expositions nationales et internationales, les espaces de présentation de l'entreprise Daum deviennent ceux de la manufacture Majorelle.
Leur association se trouve renforcée par le travail qu'ils effectuent l'un et l'autre avec le dessinateur Jacques Gruber. Pilier de la création chez Daum, qui l'emploie à l'origine pour la conception de ses modèles, Jacques Gruber collabore peu à peu avec Majorelle dans un souci de formation personnelle au travail du métal et du bois.
La relation triangulaire Daum-Gruber-Majorelle trouve son aboutissement dans la réalisation de lampes électriques dès 1898. La lampe Eglantine, présentée dans les collections du musée des beaux-arts, est la première pièce créée conjointement dans les deux ateliers. Elle marque le début d'une importante série de production de luminaires d'inspiration florale. D'après un dessin de Gruber, Majorelle conçoit le pied en fer forgé, simulant la forme de la tige et des feuilles, tandis que Daum, à partir de cette structure de métal, élabore la fleur dans des verres particulièrement colorés. Les deux éléments se complètent et s'harmonisent de façon parfaite.
En 1925, le duo Majorelle-Daum crée des vases cloisonnés, autrement appelés vases ferronnés. A l'intérieur d'une structure en fer forgé, les verriers soufflent la pièce qui épouse alors l'armature de métal. Celle-ci détermine donc la forme finale que prendra le vase. Ces vases ferronnés, produits jusqu'en 1934, sont les derniers exemples de collaboration entre Daum et Majorelle, dont le parcours croisé s'arrête en réalité après les décès de Louis en 1926 et d'Antonin en 1929.

Louis Majorelle et la céramique
L'attention particulière de Louis Majorelle pour la céramique lui vient de son héritage familial. Son père Auguste Majorelle, décorateur sur faïence, avait acquis une certaine renommée dans ce domaine de création. Lorsqu'il lui succède, Louis continue la production dans le style paternel inspiré du XVIIIe siècle. Il s'intéresse ensuite à d'autres formes et motifs, d'inspiration végétale, plus en phase avec l'esprit de son temps. Toujours dans un esprit de collaboration, Louis Majorelle fournit des modèles de frises, de carreaux, de vases ou de bonbonnières à quatre entreprises de céramique : la manufacture Keller et Guérin, située à Lunéville, qui a précédemment travaillé avec son père ; celle des frères Mougin, auxquels il s'associe au début des années 1900 dans une collaboration à la fois artistique et commerciale, à la même époque, il réalise des décors de frises pour la Manufacture de Rambervillers. Il travaille enfin avec Alexandre Bigot, céramiste parisien, pour la création de céramiques architecturales, dont celles de sa villa.

Les dernières collaborations
D'autres associations voient le jour dans les années 1930 après la succession de Louis Majorelle, notamment avec l'atelier de ferronnerie d'art de Jean Prouvé ou lors de chantiers importants comme l'aménagement du paquebot Normandie au Havre en 1935.