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ferronnerie

La création d'un atelier
C'est en 1890 que Louis Majorelle décide de créer un atelier de ferronnerie. De cette façon, il maîtrise la production et la qualité des éléments métalliques ouvragés qui viennent orner ses meubles. Les pièces qu'il dessine sont d'abord réalisées dans une fonderie puis retravaillées dans l'atelier nancéien pour les étapes de ciselure et de patine. Entre la naissance de cet atelier et le début des années 1920, l'activité de ferronnerie ne cesse de s'intensifier et l'équipe passe de 10 à plus de 30 ouvriers.
Jusqu'en 1898, le travail du métal des ateliers Majorelle se concentre autour de la production de pièces en cuivre et en bronze pour le mobilier de style. Mais au tournant du siècle, les préoccupations esthétiques de l'artiste évoluent : il tend à privilégier la forme au décor et prend la voie de la modernité. Les parties métalliques soulignent alors les lignes organiques et la structure du mobilier. Majorelle exploite, à force de recherches, toutes les potentialités d'un matériau et d'une technique longtemps négligés, comme on peut le voir dans l'ensemble Aux Nénuphars en acajou et bronze doré conçu en 1902. La même année, il réalise sa première expérience de décorations métalliques extérieures avec la conception des ferronneries et de la marquise qui ornent sa villa.

Daum et Majorelle
A cette période débute la collaboration de Majorelle avec la manufacture Daum. Les créateurs s'emparent des opportunités offertes par l'arrivée de l'éclairage électrique. Ils imaginent ensemble toute une gamme de lampes-fleur, allant de la pièce unique et luxueuse aux modèles communs déclinés en série. Les pieds sont réalisés en fer forgé ou en bronze, dessinés par Majorelle, qui trouve ici l'occasion d'exprimer son savoir-faire et son inventivité en matière de formes et d'exploitation du matériau. Les verriers de l'entreprise Daum viennent ensuite appliquer le motif de verre coloré dans la structure métallique. La fusion entre les deux éléments, parfaitement maîtrisée, produit des objets aux formes particulièrement abouties et très prisés du public, comme la lampe-flambeau Magnolia, créée en 1903 et déclinée en différents modèles.

De l'Art nouveau à l'Art Déco
Entre les années 1900 et le début de la Première Guerre mondiale, Louis Majorelle poursuit sa production de décors et de structures en métal. Il est présent dans différentes expositions, parfois dans la section « Artisans du métal », revendiquant en cela un parti-pris en faveur d'une matière qui a contribué à renforcer sa notoriété.
Il continue en parallèle ses investigations sur la forme et la technique. Il simplifie les lignes des objets qu'il conçoit et amorce doucement le virage vers le modernisme des années « Art Déco ».

L'évolution de la technique
L'apparition de la soudure au chalumeau, avec les possibilités de travail du métal qu'elle induit, contribue au renouvellement formel. Celui-ci s'exprime notamment dans les pièces de verre inédites que Louis Majorelle invente avec Antonin Daum dans les années 1920 : les verreries cloisonnées, appelées également vases ferronnés. Le verre coloré est soufflé dans une structure métallique réalisée au préalable. Le décor de ces vases est épuré, privilégiant un jeu de couleurs et de transparence animé parfois de bulles ou d'inclusions de feuilles d'or et d'argent.
La place prépondérante accordée par Majorelle à la ferronnerie est confirmée lors de l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes à Paris en 1925. Il est présent dans différentes sections de l'exposition, notamment celle des ferronniers d'art. Il défend à cette occasion l'importance du travail du métal dans l'art et l'industrie, comme moteur de l'élaboration de nouveaux langages formels.
Cette détermination perdure bien après la mort de l'artiste. A la fin des années 1920, les ateliers Majorelle s'associent avec l'atelier de ferronnerie d'art de Jean Prouvé sous l'impulsion d'Alfred Lévy, fidèle assistant de Louis Majorelle. Ils conduiront ensemble plusieurs chantiers à Nancy, dont les aménagements intérieurs de la Banque d'Alsace-Lorraine, rue Saint-Jean, et de la Bibliothèque Universitaire située place Carnot.