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les pièces en collaboration avec Daum

Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, lampe Fleurs de pissenlits, 1902, musée de l'Ecole de Nancy
Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, lampe Fleurs de pissenlits, 1902, musée de l'Ecole de Nancy, cliché Studio Image Créée en 1902, la lampe Fleurs de pissenlits est l'un des premiers modèles de lampes issus de l'association entre Daum et Majorelle.
La structure est en fer forgé martelé et sculpté. Dans la partie inférieure apparaissent les feuilles de la plante recourbées pour former la base du piétement.
Plusieurs tiges s'en échappent : trois petites aux lignes ondoyantes sont ornées de boutons et trois autres plus longues, terminées de feuilles dentées, portent des globes de verre soufflé figurant les fleurs. Celles-ci sont gravées d'un motif d'akènes représentatif du pissenlit, plante à la fois commune et symbolique, dont ce modèle révèle toute l'esthétique et la délicatesse.
Cette création montre la variété des formes proposées par Daum et Majorelle dans le domaine des luminaires, ainsi que leur souci d'unir les propriétés et fonctions de l'objet avec les lignes et sinuosités des figures naturelles dont ils s'inspirent.

Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, lampe de table Figuier de Barbarie, vers 1903, musée de l'Ecole de Nancy
Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, lampe de table Figuier de Barbarie, vers 1903, musée de l'Ecole de Nancy, cliché Studio Image La lampe Figuier de Barbarie est une œuvre unique conçue en 1903 pour être exposée à Paris avec un ensemble de créations luminaires signées Daum-Majorelle. Elle sera acquise ensuite par l'imprimeur et mécène nancéien Albert Bergeret pour son hôtel particulier.
L'esthétique de cette pièce volumineuse s'appuie sur un jeu de courbes et de contrastes colorés. Feuilles, fleurs et fruits sont figurés à différents stades de leur développement. Ils s'enroulent et se déploient dans l'espace de façon dynamique.
Le jeu des matières est particulièrement surprenant : les globes de verre jaune-orangé s'allient parfaitement au bronze patiné de couleur verte qui rappelle par sa densité certaines créations en pâte de verre.
Cette œuvre est caractéristique de l'interprétation que les artistes de l'Ecole de Nancy donnent de la nature. Le choix original du figuier de barbarie souligne la variété des sources d'inspiration de ces créateurs : plantes exotiques, fleurs des champs, légumes ou fruits de la campagne.

Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, lampe-flambeau Magnolia, vers 1903, musée de l'Ecole de Nancy
Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, lampe-flambeau Magnolia, vers 1903, musée de l'Ecole de Nancy, cliché Studio Image Emblématique de la collaboration entre les manufactures Daum et Majorelle, cette œuvre est l'un des exemples les plus réussis de l'alliance du verre et du métal.
La lampe est constituée d'une tige en bronze doré et ciselé, et de trois fleurs de couleur blanche en verre doublé, moulé et ciselé. La forme du piétement métallique est caractéristique de ce que l'on nomme la « ligne en coup de fouet » : composé de tiges entrelacées, le pied s'élève puis se tord à l'horizontal dans sa partie supérieure.
Cette silhouette singulière, que l'on retrouve dans certaines créations mobilières de l'artiste, suggère l'idée de mouvement et de croissance de la plante. La fleur surmontant chaque flambeau marque les étapes de son épanouissement : encore en bouton sur la tige, elle grandit puis s'ouvre progressivement.
La représentation du magnolia, fleur éphémère et odorante, renvoie à la nature, référence principale des artistes de l'Ecole de Nancy, mais aussi au Japon, source d'inspiration essentielle chez Louis Majorelle.
Conçue initialement pour l'Exposition de l'Ecole de Nancy à Paris, cette pièce connut un succès important et plusieurs modèles destinés à une production en série furent dessinés d'après celui-ci.

Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, lampe Monnaie-du-pape, vers 1903, musée des beaux-arts de Nancy
Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, lampe Monnaie-du-pape, vers 1903, musée des beaux-arts de Nancy Comme les lampes Figuier de Barbarie et Magnolia, ce modèle est créé en 1903 pour être présenté lors de l'Exposition de l'Ecole de Nancy au pavillon de Marsan à Paris.
Louis Majorelle conçoit un pied en fer forgé ciselé et patiné noir figurant la tige, les fruits et le feuillage de la plante. La base du piétement, de forme circulaire, sert de point de départ à deux longues tiges qui s'entrecroisent, liées par une feuille dentelée. Deux fleurs à ouverture trilobée, en verre soufflé bleu et blanc gravé à l'acide, forment les globes de la lampe. Elles sont soutenues par les fruits qui ont valu à cette plante ses différentes appellations. De manière assez surprenante, les fleurs dessinées par Daum ne ressemblent pas aux fleurs de monnaie du pape dont les pétales sont généralement roses violacées et longilignes. Le verre, coloré par vitrification de poudres jaunes et bleues, joue de manière subtile avec les effets de la lumière : les fleurs apparaissent sous différentes tonalités en fonction de leur éclairage et de leur lieu d'exposition.
La monnaie-du-pape est un motif apprécié des artistes de l'Ecole de Nancy, et plus particulièrement de Louis Majorelle, qui a réalisé une grande partie du décor de sa villa autour de ce thème.

Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, vases cloisonnés, vers 1925, musée des beaux-arts de Nancy
Louis Majorelle en collaboration avec la manufacture Daum, vases cloisonnés, vers 1925, musée des beaux-arts de Nancy, cliché C. Philippot Le concept des verreries cloisonnées est né juste après la fin de la Première Guerre mondiale. En 1916, Majorelle se réfugie à Paris pour fuir les bombardements ; durant cette période, il concentre son activité autour de la production de bijoux en verre et en métal. Au sortir de la guerre, il exploite cette expérience en renouvelant sa collaboration avec Antonin Daum : ils créent ensemble le procédé des verreries ferronnées qu'ils produisent à partir de 1925.
L'originalité de ces pièces vient du fait que l'armature métallique est conçue en premier et préside à la forme que prend ensuite le verre soufflé. Celui-ci est donc « contraint » par la rigidité du fer forgé.
Le décor des pièces est beaucoup plus dépouillé que dans la période Art nouveau. La référence à la nature a disparu. Soucieux de s'inscrire dans le mouvement moderniste de « l'Art Déco », les deux artistes lui substituent un univers graphique et coloré jouant sur la matière, la luminosité et le contraste entre opacité et transparence.
Réalisés aux environs de 1925, ces trois pièces - deux vases et une coupe - sont en fer forgé travaillé en creux et verre multicouche coloré avec inclusions métalliques. La surface de chaque objet est animée par des lobes géométriques en forme de bulles qui débordent légèrement la structure de métal. Les inclusions de feuilles d'or leur confèrent une dimension précieuse et délicate.