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la manufacture Majorelle

Historique de la maison Majorelle
L'histoire de l'entreprise Majorelle débute avec Auguste Majorelle qui ouvre un magasin à Toul en 1858. Il exerce une double activité, celle de décorateur et de commerçant. En 1860, voulant se rapprocher de sa clientèle, Auguste Majorelle s'installe à Nancy, rue des Dominicains, où il ouvre un commerce de meubles et d'objets d'art.
A la mort d'Auguste Majorelle en 1879, son fils aîné, Louis, prend la succession de l'entreprise aux côtés de sa mère. Le magasin est installé au 26 rue Saint-Georges à Nancy. Durant plusieurs années, Majorelle se forme auprès des ouvriers de son père, ce qui lui assure une solide connaissance pratique. Il peut ainsi prendre la direction artistique de la maison Majorelle en 1884, qui compte une vingtaine d'ouvriers, alors que sa mère gère le magasin dans lequel il expose son premier meuble.

La production de la manufacture
Dès lors, la manufacture Majorelle oriente sa production dans deux directions : une production industrielle de meubles de style (rocaille, japonisant) qui rencontrent un vif succès auprès de la bourgeoisie, et une production de mobilier moderne inspiré par la nature. Parallèlement, en 1890, Majorelle crée un atelier de ferronnerie afin de réaliser, au sein de son entreprise, les serrures et les poignées agrémentant ses meubles. Au début du XXe siècle, l'atelier prend une grande ampleur : Majorelle collabore avec Daum à la production de luminaires. Il réalise également des éléments d'architecture intérieure et extérieure (rampe d'escalier de la villa Bergeret à Nancy, de l'ambassade de France à Vienne).
En 1893, Louis Majorelle s'associe avec son frère Jules, qui reprend la direction du magasin. L'entreprise prend le nom collectif de « Majorelle Frères ». Ensemble, ils achètent un groupe d'immeubles rue Saint-Georges et rue du Pont Mouja, où ils aménagent un magasin de vente sur trois étages. On y présente les créations de l'entreprise, mais également des verreries Daum, Tiffany et des faïences de Saint Clément.
En 1897, la manufacture s'agrandit : Louis Majorelle confie à Lucien Weissenburger la construction de nouveaux bâtiments rue du Vieil Aître. Les ateliers, modernes et mécanisés, destinés à une production de luxe, s'étendent sur trois mille cinq cents mètres carrés et emploient plus de 50 ouvriers. La fabrication de meubles en série est confiée, en 1905, à une annexe de la société Majorelle située à Bouxières-aux-Dames. L'entreprise Majorelle compte 250 ouvriers. Une des caractéristiques de cette manufacture réside dans la permanence de certaines productions, alors que le style évolue. Durant la Première Guerre mondiale, les ateliers de la rue du Vieil Aître et le magasin de la rue Saint-Georges sont en partie détruits par les bombardements et reconstruits avant la fin de la guerre.
A la mort de Louis Majorelle en 1926, la direction artistique et technique est confiée à Alfred Lévy, fidèle collaborateur depuis 1888 ; la direction commerciale est attribuée à Jules Majorelle.

L'activité commerciale
L'activité commerciale est en effet essentielle à l'entreprise Majorelle, qui cherche à conquérir de nouveaux marchés. Pour cela, Louis Majorelle ouvre plusieurs dépôts-ventes à Paris, à Londres et à Berlin. Il installe également deux magasins à Lyon et à Lille. En 1904, il achète le magasin L'Art nouveau de Samuel Bing, situé au 22 rue de Provence à Paris et le fait réaménager par Henri Sauvage et Pierre Selmersheim. Le magasin est encore agrandi en 1913 avec la construction d'un nouvel immeuble, en métal et en béton armé ; il doit recevoir des bureaux, des espaces d'exposition, des ateliers et un appartement. Il est vendu en 1919 pour permettre la reconstruction du magasin de la rue Saint-Georges à Nancy.
La diffusion des meubles et objets d'art se fait également par les images publicitaires et les catalogues commerciaux. Des imprimés sont spécialement conçus pour paraître dans la presse. Les catalogues présentent de nombreuses photographies et des dessins particulièrement soignés.
Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise connaît un déclin inexorable qui aboutit à la fermeture du magasin de Nancy en 1951, puis des ateliers en 1956.