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la villa Majorelle

Un programme architectural ambitieux
Construite en 1901-1902 par Henri Sauvage pour l'ébéniste, la villa Majorelle ou villa JK est l'un des premiers et meilleurs exemples de l'architecture Art nouveau à Nancy. L'asymétrie des volumes, l'individualisation des façades et les éléments décoratifs soulignant les articulations architecturales sont autant de principes novateurs caractéristiques de cette époque et visibles sur l'édifice.
Louis Majorelle, en faisant appel à un architecte avec lequel il a déjà collaboré à la décoration du Café de Paris en 1898, fait preuve de beaucoup d'audace : il s'agit de la première commande importante du jeune homme.
La cohérence décorative entre l'aménagement intérieur et l'architecture fait de cette villa un très bon exemple de ce que l'on appelle l'art total, préoccupation majeure de l'Art nouveau. Architecte, ébéniste, décorateur, céramiste... ont travaillé de concert pour créer des ensembles homogènes : boiseries, luminaires, vitraux, peintures murales, pièces de mobilier sont en complète harmonie.

Le mobilier de la villa
La collaboration entre l'architecte et Louis Majorelle est très étroite pour l'ensemble du mobilier et des ferronneries de la villa, de sorte qu'il est parfois difficile de déterminer la paternité de certains éléments. En effet, plusieurs dessins préparatoires semblent démontrer que la rampe d'escalier et les ferronneries extérieures (marquise, grilles) ont été conçues par Henri Sauvage. Tous les objets en ferronnerie et en bois ont en revanche été réalisés dans les ateliers de Louis Majorelle.
Cette participation des ateliers de Majorelle dans la réalisation des différentes pièces de la villa, fait de celle-ci une vitrine exceptionnelle du talent de l'entreprise. Des photos de la salle à manger et du salon sont ainsi reproduites dans des revues d'arts décoratifs, la salle à manger est apparente dans les catalogues de vente.
Aujourd'hui quelques meubles sont encore présents dans la villa Majorelle ou au musée de l'Ecole de Nancy.

Le programme décoratif de la villa
Le mobilier de chaque pièce du rez-de-chaussée se décline autour d'un programme décoratif thématique.
La monnaie-du-pape est déclinée à l'entrée. La présence de cette plante, symbolisant l'oubli, invite les visiteurs à abandonner leurs contrariétés avant de pénétrer dans la maison. Ce motif orne les grilles de la porte d'entrée, le meuble « portemanteau », les peintures murales, le vitrail, les tentures, comme en témoigne une photographie ancienne.
Le décor de la salle à manger est entièrement dévolu à la destination de la pièce. Le motif de l'épi de blé est employé non seulement sur le mobilier mais aussi sur la cheminée, réalisée par le céramiste Alexandre Bigot. Des peintures de Francis Jourdain, représentant les animaux de la ferme, des arbres fruitiers et des légumes accompagnent l'ensemble. Les vitraux Aux Coloquintes de Jacques Gruber renforcent l'ambiance champêtre.
Le salon est placé sous le signe de la pomme de pin, fruit d'un arbre persistant, symbole de longévité et de prospérité. Présent sur la plus grande partie des meubles, le motif décore également les encoignures du plafond, aujourd'hui disparues. Cette pièce de réception est connue grâce à des photographies anciennes. Elle était constituée d'éléments de mobilier dits meublants - c'est-à-dire fixes (le meuble de la cheminée, la console), et de mobilier « volant » (fauteuils, tables, guéridons...).
La rampe d'escalier en chêne ornée de lierre a été réalisée dans les ateliers Majorelle, probablement à partir d'un dessin d'Henri Sauvage.
La chambre de Louis Majorelle se trouve au premier étage. Ensemble unique, aujourd'hui conservé au musée de l'Ecole de Nancy, la chambre n'était pas présente dans les catalogues de l'ébéniste et n'a jamais été destinée à la vente.